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écrituriales, le blog
27 mars 2024

La langue française : sujet, verbe, compliment?

 

Entre Sylvain Tesson présenté comme "icône réactionnaire" et le rapper Booba spécialiste de "clashs intempestifs", l'ancien magazine L'Obs, qui vient juste de se rebaptiser Nouvel Obs pour coller à l'ambiance de nouveauté, soigne ses associations sémantiques nom-adjectif.

 

On se rapproche du mot de Pierre Dac qui flattait notre belle langue sur l'air de "sujet, verbe, compliment".

 

Mais on reste encore loin de la célèbre citation d'Albert Camus : "Ma patrie, c'est la langue française" (voir lien avec Albert Camus en bas de page)

D'autant que dans le même magazine, aussi relooké - que dis-je ? : redessiné  - dans sa forme que dans son vocabulaire, on découvre en illustration de cette belle association nom-adjectif la formule "endoctrinement wokiste"

 

Se faire endoctriner par un mouvement qui, de Harvard à Science-Po, revisite l'histoire sur fond d'éveil des consciences, d'écriture inclusive et d'islamogauchisme n'encourage guère à devenir un adepte de ces théories en vogue, un "follower" (pardon, un suiveur) de ces idées reconstructivistes.

 

Mais que dire, sur fond d'anglicismes insupportables, de ce "reverse mentoring" cité par le Nouvel Obs?

 

L'idée est généreuse, certes, puisqu'il s'agit, dans l'entreprise, de permettre aux plus jeunes de former les plus vieux dans une sorte de tutorat inversé (ma proposition de traduction) sur l'air de : "Hey, boomer, tu m'apprends à faire marcher la machine, je t'initie à l'internet et autres Chat GPT". Mais la formulation à l'anglaise nous éloigne à tout jamais de Camus.

 

Ah, si seulement le Brexit avait aussi fermé ses frontières à l'envahissement intempestif de l'anglais!

 

Il n'en est rien, hélas! Le français n'a plus de patrie et la langue de la presse et de l'entreprise s'abandonne à l'impérialisme linguistique anglo-globish-américain.

 

Et cela ne peut que me donner envie de reprendre une ancienne chronique intitulée "De la sobriété énergétique à l'ébriété sémantique"

 

Elle sera ainsi remise au goût du jour et renouvelée. Vous noterez que, contrairement aux pubs Renault, c'est du renouvelé, pas du Renew.

 

Chronique resucée ou Renew du post : à vous de choisir!

 

"Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément"

Avec toutes les catastrophes qui nous tombent sur la tête, la presse et les politiques ont en magasin tous les éléments de langage pour faire face à l'adversité et faire passer leurs messages.

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Avec toute une palette d'expressions hétéroclites!

C'est comme cela, qu'en ingurgitant quotidiennement tout ce vocabulaire soigneusement choisi, votre blogueur est passé en quelques jours de la sobriété énergétique à l'ébriété sémantique.

Il a suffi de trois petites semaines à fureter dans les journaux et les magazines, à écouter les infos et les messages gouvernementaux .En relevant goulûment ce festival d'expressions accolant un nom basique associé à un adjectif parfois inattendu, la pêche s'avère aussi riche que la collecte d'un ramasseur de champignons en Dordogne.

Voilà quelques-unes des pépites glanées dans mon beau panier. Certaines parlent d'elles-mêmes, d'autres font preuve d'imagination, quelques-unes viennent vraiment d'esprits tordus.

C'est bien le signe que notre époque se gargarise de mots que je livre à votre bon vouloir et à votre sagacité en espérant que certains déclencheront votre hilarité, votre colère et surtout vos commentaires, redonnant au blog l'interactivité qui lui fait tant défaut.

Au menu du jour de cette collecte, un vrai melting-popotte parfois aussi indigeste qu'un panier de champignons trop copieux.

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Les mots en mouvement:

 

La mobilité douce qui consiste à remplacer en douceur la voiture diésel honnie par le vélo, la marche à pied ou la trottinette

L'ascenseur social pour ceux qui croient qu'on passe du HLM de banlieue au XVIe arrondissement seulement en se remuant le popotin

L'inflation galopante qui, comme la marée au Mont Saint Michel, remonte aussi vite qu'un cheval au galop.

La circularité créative prônée par le groupe Bernard Arnaud. Késaco? Hey, Bernard, c'est pour élargir le cercle de tes amis que tu as créé ce concept?

La gesticulation vestimentaire : Peut-être que ça vient des tontons-fringueurs qui veulent opposer voile et soutane. Mais en est tonsure?

Le transit intestinal qui, même sans gendarme, favorise la circulation avec ou sans dragées Fluca.

 

Les classiques du moment:

 

La transition écologique, sans doute histoire de se mettre au vert.

L'urgence climatique pour contrer au plus vite une météo en folie.

Le bouclier tarifaire pour se mettre en guerre contre l'énergie chère et tomber dessus Abraraccourcix.

L'empreinte carbone où l'on montre du doigt les baby-boomers indignes qui ont laissé une planète qui part à vau-l'au, à Volo comme ailleurs.

Le désert médical où l'on rencontre, question soins, plus de mirages que d'oasis.

Les passoires thermiques qui essorent les budgets des malheureux qui y vivent.

 

Le monde du travail

 

Le flex-office où il faut apprendre à devenir un S.B.F. au boulot, un Sans Bureau Fixe.

Les amortisseurs sociaux pour que l'on évite tous les tape-culs sur la route du bien-être

Les démissions silencieuses où l'on se barre sans rien dire.

Le travail émancipateur rêvé par Fabien Roussel et les communistes. Et le coco vint...

 

Les rapports des sexes:

 

La masculinité toxique, apanage sans doute du mâle dominant honni par les wokes.

Le mari déconstruit : celui de Sandrine Rousseau sans doute qu'elle a "dégenré", peut-être même, pour couper court, émasculé.

Les toilettes inclusives choisies par le maire écolo de Lyon qui pourtant n'est pas dans le besoin. Après les fractures sanitaires, il veut quoi ? La fracture des sanitaires?

...et pour couronner le tout et traiter le sujet à fond:

la sexualité pénétrative analysée dans "Society". Sans doute appâtent-ils le client, de peur que leur magazine ne capote!

Ça sera tout? Non, non, il y a encore du rab à notre cantine sémantique ( v'la t'y pas que je m'y mets à mon tour !) pour ce melting-popotte du vocabulaire d'aujourd'hui

 

Du rab de voc

 

Si vous y tenez, je vous sers un doigt de voyeurisme médiatique avec un soupçon de paradygme écologique.

Je peux aussi vous envoyer sur le front du péril identitaire ou de l'abandon républicain ou encore de l'obsession identitaire qui cartonne partout.

Après cette boulimie de mots et cette indigestion sémantique, il ne vous reste plus qu'à vous mettre à la diète médiatique.

Ce sera sans doute excellent pour votre santé mentale et vous évitera le choc émotionnel. Il vous faudra peut-être quand même un peu de coaching mental, voire d'éducation thérapeutique.

Sinon, profitez de votre mobilité active pour foutre le camp loin de ces "Précieux Ridicules" à fuir à tous prix!

Et pourquoi pas sur une île déserte avec votre collection écrituriales?

20210226_150908

Mais, de grâce, évitez de suivre la route de l'économie circulaire.

Elle vous ferait tourner en rond...

 

Alain CADU

Dessins: Kayo et Pierre Fouillet

 

Un lien sur Camus suggéré par Michel Ligner:

https://lematindalgerie.com/jean-michel-wavalet-raconte-camus-ombre-et-lumiere/?fbclid=IwAR2aWThfHDkzKEi8fZE7Jya--Ziv4QRL4YN8Cmq-LLCQWMYwPV7J2q6N0ag

 

 

 

 

Commentaires
D
Super article, cher ami. Les formules à la mode ont toujours existé. Cela va des Grands Réthoriciens aux "Wokes". Ces derniers ont l'avantage de pouvoir s'appuyer sur les extraordinares outils informatiques de notre époque. Les "Incoyables" en crèveraient d'envie une deuxième fois s'ils n'avaient déjà disparu...
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J
À la sixième heure du jour, il me plaît d'écrire ce sixième commentaire.<br /> <br /> Commentaire "déjeté" (Voyez le sens du mot dans le dictionnaire)<br /> <br /> La langue française dites-vous ! En effet qu'en reste-t-il ? Des salons du livre et des concours de dictée ?<br /> <br /> Ne me dites pas que ça se bouscule au portillon, "palsambleu", comme on dit chez vous !<br /> <br /> Hier, j'étais au Carrefour City de Nevers. Un sacré lutin a laissé sur le pare-brise de ma vieille Laguna, un petit billet où j'ai pu lire cette question: "Dieu joue-t-il aux dés ?" Je l'ai montré dans les allées à une vieille connaissance qui fait de la philosophie dans un café de la ville. ET mon interlocuteur de repousser la chose sur un ton péremptoire :<br /> <br /> "Ne me parlez pas de Dieu, je n'y crois pas, je suis athée et de gauche. J'écoute France Inter dans ma salle à manger, France culture dans mon salon et France musique dans ma salle d'eau !"Point final.<br /> <br /> Une jeune femme inconnue souriait à côté...Elle, peut-être, m'aurait répondu.<br /> <br /> Bonnes fêtes pascales à tous<br /> <br /> Jacinthia
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M
Bonjour !<br /> <br /> Je ne m'attendais pas à une telle interactivité suite à ce beau billet de l'animateur.<br /> <br /> J'ai lu et relu les commentaires qui font débat.<br /> <br /> L'un d'eux m'a incité à rouvrir un livre d'un universitaire qui appartient au Centre de recherche de mathématique de la décision. Son livre s'intitule "Au hasard" où je lis en quatrième page de couverture :<br /> <br /> "Lecteur ce livre comporte six chapitres. Prends un dé, tu sais ce qu'il te reste à faire."<br /> <br /> Jacques en a pris un pour compléter l'anagramme en question. On voit le résultat.<br /> <br /> Sans commentaires.<br /> <br /> Bonne nuit<br /> <br /> M
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J
Bonjour !<br /> <br /> <br /> D'accord, Roxane, avec l'éthique du "CARE" (prendre soin de l'autre - bon samaritain) !<br /> <br /> Quant à l'écriture inclusive, pas d'accord !<br /> <br /> Et si justement "Civiliser un lecteur?" était une question et non une réponse...<br /> <br /> On pourrait dire alors " de l'écriture inclusive" qu'elle n'est qu'une idéologie déconstructionniste visant à "déciviliser un lecteur" en le rendant impoli et revêche et à des parsecs des bonnes manières de ceux qui, tout simplement, aime notre belle et difficile langue française qui recèle tant de beaux mystères.<br /> <br /> Alors, Madame Roxane, amis d'écrituriales, Dieu joue-t-il au dé ou pas ?<br /> <br /> Monsieur notre animateur, la balle est dans votre camp, à vous de rebondir sur le terrain des faits et des fées !<br /> <br /> Jacques
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A
Lettre ouverte à l'ami écriturialiste sur son île<br /> <br /> <br /> Un beau sujet et quel verbe ! Compliments, l'artiste, pour ce billet si nécessaire et plein d'humour intelligent.<br /> <br /> Oui, cher Robinson, comment ne point aller de ce pas, sac au dos, vous rejoindre sur votre île ?<br /> <br /> Votre cueillette laisse à désirer, certes...Des amanites, galères, cortinaires, paxilles et autres bolets de Satan sur la nappe du déjeuner sur l'herbe, NON MERCI !<br /> <br /> Au diable, le panier que nous laissons bien volontiers aux "sales oiseaux creux" qui ont, comme par hasard, dans leurs lettres "Les réseaux sociaux" !<br /> <br /> Parole altérée, on le sait bien, mais où sont les résistants ? Dans la possibilité d'une île, tous unis vers Cythère ?<br /> <br /> On rêve de cette oasis où, à l'entrée, on pourrait lire cette belle citation de Charles Dickens :<br /> <br /> "La difficulté d'écrire l'anglais m'est extrêmement ennuyeuse. Ah, mon Dieu! si <br /> <br /> l'on pouvait toujours écrire cette belle langue de France!"<br /> <br /> Voir renaître dans un coin de l'astre errant, une fête de la rose, en quelque lieu de mémoire, c'est pratiquer l'espérance, mon bon Seigneur, mais est-ce bien raisonnable ?<br /> <br /> Suspendons nos lyres aux saules du ruisseau et souvenons-nous ! Souvenons-nous des mots de notre langue dans le parler ordinaire des gens d'ici et de là-bas. Point d'écriture inclusive en ce temps-là, cher maître, mais des jurons à tout bout de champ dans une phrase pour exprimer sont ressenti à fleur de peau des choses de la vie.<br /> <br /> Palsambleu, à côté de ces litanies de nom de... et de fi de..., fait office d'enfant de chœur !<br /> <br /> Essayer de ne pas inclure dans son vocabulaire de tous les jours, ces vilenies de notre langue, nous semble tellement plus judicieux que de sortir en compagnie, un mot recherché ou un imparfait du subjonctif, pour se faire remarquer.<br /> <br /> Vous avez choisi, en ce billet, cher dynamique animateur du blogue, un thème d'actualité de réelle importance.<br /> <br /> C'est un combat, on le sait bien ! Et dans le maquis que pouvons-nous faire ? En rester là ou bien continuer encore et encore...<br /> <br /> Un livre ouvert, une page blanche qui cherche une plume, un mot tout simple qui s'envole comme un sourire, un oiseau qui passe, un enfant qui joue, une image à faire re-vivre si tant est qu'elle ait existé.<br /> <br /> Puisse-t-elle dans le réticulaire espace écriturialiste trouver un écho !<br /> <br /> Merci Alain pour ce bel exercice.<br /> <br /> Association FILIGRANE
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G
"Est-ce à dire qu'un jeu de lettres, jamais n'abolira le hasard ? " ainsi Roxane, le "fond de l'affaire" (ancienne locution évocatrice nom + nom) , c'est votre désir que l'anagramme porte un enseignement sur le sens profond des choses. Mais ce hasard qui anagramme "civiliser un lecteur" en "l'écriture inclusive", et qui vous déçoit, n'est peut-être que l'exception qui confirme la règle, et que oui, hasard et sens peuvent coexister...
R
Bonsoir !<br /> <br /> <br /> Je viens de lire le billet et le commentaire.<br /> <br /> D'accord, évidemment ! Qu'ajouter ? Je ne sais.<br /> <br /> Je laisse la page blanche trouvant les raisins trop verts.<br /> <br /> En tout cas, si je monte dans l'échelle, je me casse la figure et si je grimpe sur les cornes du bouc,<br /> <br /> il va m'entourlouper, car il connaît la fin de la chose, l'animal !<br /> <br /> L'autre jour dans le train, j'ai rencontré par hasard un écriturialiste et sa lectrice.<br /> <br /> Je puis vous dire que les conversations allaient bon train.<br /> <br /> Ils devisaient allègrement sur le "hasard objectif" et du sens à lui donner ou de son insignifiance.<br /> <br /> J'aurais aimé dire mon mot mais trop timorée pour ce faire, je me suis abstenue.<br /> <br /> J'ai retenu des bribes entendues, le mot "pneumatique". Mes pénates regagnés, j'ai ouvert<br /> <br /> "Le trésor de la langue française" pour en découvrir le sens :<br /> <br /> "Qui représente le plus haut degré de perfection spirituelle, dans le langage des gnostiques".<br /> <br /> Sophie, si tu es là, ce vocable est-il dans ton livre sur le sujet, qui va sortir bientôt ?<br /> <br /> Puisse la connaissance s'éveiller et faire boum, comme dans la chanson !<br /> <br /> Pour, peut-être , "civiliser un lecteur"...Par hasard, ces trois mots par leurs lettres interverties font<br /> <br /> "L'écriture inclusive".<br /> <br /> Aïe, aïe, aïe ! Sauve-qui-peut ou pansement ? Dans les lettres du "soigneur", il y a le mot qui sauve : <br /> <br /> "guérison".<br /> <br /> Est-ce à dire qu'un jeu de lettres, jamais n'abolira le hasard ?<br /> <br /> Roxane
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  • écrituriales, un blog animé par Alain Cadu pour une association d' Auteurs-Éditeurs Réunis. Ils ont un siège: Le Petit Bois 49710 Le Longeron, un site http://ecrituriales.com et une adresse mail ecrituriales@orange.fr
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