"Hip, hip, Hyppolite"... la suite

Pour ceux qui auraient manqué la première partie: vite un clic pour une séance de rattrapage avec l'épisode 1.

 3- Le grand plongeon

Le joggeur se retrouva aux premières loges avec vue plongeante sur la petite crique rocailleuse en contrebas car la police n’avait pas encore eu le temps de délimiter un périmètre de sécurité pour protéger les lieux des intrus.

IKS3l était évident que le cycliste avait arraché les frêles rambardes de protection avant de plonger du haut de la falaise dans un vide d’une bonne dizaine de mètres.

Il avait dû sacrément rouler les manivelles pour embarquer les ganivelles avant une belle gamelle !

Et la victime, qui n’avait pas eu besoin de baisser la tête pour avoir l’air d’un coureur, gisait devant son vélo une bonne dizaine de mètres en contrebas.

Contrairement aux cyclistes en plein effort, il n’avait pas la tête dans le guidon.

Il avait le guidon dans la tête.

Il aurait pu également avoir la tête dans le sac car un grand sac poubelle éventré s’était explosé sur le rocher : les premiers sauveteurs ne tarderont pas à signaler qu’il contenait des bouteilles d’alcool vides, des seringues, des canettes de bières cabossées, des boites de médicaments, des capotes encore garnies, des pailles de cocktails, des reliefs de sandwiches, des emballages de hamburgers ou de pizzas, bref un vrai inventaire à la Prévert écrit après une nuit de fête.

Alors que la roue du vélo continuait à jouer à « Tournez, manège ! », le cycliste immobile en tenue bigarrée avait la tête fracassée contre le rocher. Les secouristes eurent vite fait de descendre en rappel alors que la marée était montante et leur verdict fut immédiat :

« Capitaine, Capitaine, le cycliste est mort. Sans doute sur le coup ! »

KS7L’inspecteur Hyppolite Durieux, un des premiers sur les lieux, contempla un long moment le spectacle de la roue qui tournait et tournait encore, toujours mue par l’assistance électrique.

Et il ne lui fallut pas longtemps pour découvrir le pedigree du coureur cycliste qui avait dévalé la falaise au pied du feu de Grosse Terre.

Deux compagnons de la victime qui, heureusement, n’avaient pas pris sa roue lors de son échappée funeste se présentèrent spontanément pour aider la police. Ils portaient les patronymes étranges de Matt Démon et Abel Zébuth et affirmaient avoir été témoins de la scène. Ils ne tardèrent pas à apporter des éléments qui, pensait-on, allaient faire avancer très vite l’enquête.

Hyppolite, en vieux flic expérimenté, eut vite fait de tracer un portrait de la victime. Le cycliste s’appelait Côme LeMalin. Il bossait depuis quelques mois comme serveur au pub Saint-Hilaire, à deux pas du phare où il a trouvé la mort.

Ancien de l’équipe cycliste Système U, il en avait été licencié il y a quelques années pour, officiellement, un problème comportemental allié à un déficit de performances

Texte du blogueur

Dessins de kayo

 

Ce petit meurtre illustré "Mieux vaut phare que jamais" est  à RETROUVER à côté d'autres enquêtes déjantées de l'inspecteur Hyppolite DURIEUX qui vient de sortir aux éditions écrituriales sous le titre:

Hip, hip, Hyppolite

Petits meurtres illustrés

 

Cette nouvelle a été lue à l'exposition Ioan MARIC organisée par l'association "Parler les lieux" dans l'ancienne église romane de  Sallertaine en Vendée.

Un grand merci à Michel SANSIER, la cheville ouvrière de ce salon...

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