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Les imparfaits du subjonctifs de nos jours sont oubliés ou massacrés.

Encore eût-il fallu que vous le sussiez?

Avec cette nouvelle chronique de Françoise Dubost-Luciani, aujourd'hui vous allez le savoir...et vous allez apprécier!

Vous découvrirez aussi les à-peu-près de la langue quotidienne. Françoise s'esbaudit devant le classique "être heureux comme un coq en plâtre". Elle l'a sans doute découvert grâce au "bouche à orteil",  ce qui représente à la fois une belle gymnastique corporelle et une fabuleuse contorsion sémantique.

Sa chronique vous mettra en joie à condition que jusqu'au bout vous la lisiez, que vous la lussiez, que vous la lisassiez....

Qui dit mieux?

En tous cas, de mon côté et du côté d'écrituriales c'est lu et approuvé.

La chronique de Françoise Luciani

index"Ce matin , j'écoutais avec ferveur l'interview de notre Premier Ministre lorsque l'émotion me submergea en l'entendant parler du rayonnement de la langue Française à l'étranger. Ces paroles m'inondèrent de fierté et me confortèrent dans ma  confiance dans l'intelligence et la sagacité de notre équipe gouvernementale.

Si d'aventure de fins linguistes francophones de Roumanie,  du Kazakhstan ou de Mongolie Extérieure écoutent l'admirable émission '' Secret Story'' ils seront assurément stupéfaits de constater le remarquable développement de notre langue et d'entendre ses néologismes : « T'as pas fini de mater ma meuf ? » ou ses hardis détournements de mots : « Tu commences à me vénérer, bouffon ! »

Toujours inventifs certains jeunes créent même de sublimes métaphores . Laissez-moi vous citer ma favorite : '' être comme un coq en plâtre ''.

Les touristes qui affluent par milliers sur le continent africain exercent certainement une influence bénéfique sur les lettrés qu'ils peuvent être amenés à rencontrer. Ces derniers apprendront que la règle du génitif est désormais obsolète et qu'il est plus courant de dire '' la main à ma sœur '' et '' la culotte à un zouave'' au lieu de la formule originale ; et que dorénavant, il est aussi usité d'aller au coiffeur ou au boulanger que d'aller au bordel.

Logo sans nomLes animateurs, speakers et même nos respectés ministres et députés contribuent efficacement à l'évolution de la grammaire ; ainsi ils suppriment avec beaucoup de discernement  les pluriels en '' aux '' évitant par là-même aux illettrés d'être traumatisés par cette difficulté. Pas plus tard que ce matin j'ai entendu ''les impôts locals'' de la bouche même d'un éminent personnage.

 Le maniement du style indirect de ces célébrités ne laisse pas de me culpabiliser . Une heure après avoir admiré ces '' impôts locals'' si modernes j'ai eu la surprise d'ouïr un de mes ministres favoris proférer cette phrase assez étonnante dans une bouche aussi auguste : «  Il faudrait savoir qu'est-ce qu'ils sont devenus ! »  Dire que j'ai enseigné avec succès à une classe de sixième à maîtriser  ce que je pensais être la tournure correcte.

Il n'est pas jusqu'à certains agrégés de grammaire, professeurs d'Université  de surcroît, qui n'apportent leur pierre au renouvellement de leur discipline. Il me semble encore entendre sur Europe 1 une de ces sommités corrigeant avec une certaine suffisance un animateur particulièrement débonnaire  qui venait de dire fort pertinemment : « il faudrait que vous le lisiez ! » :

« Que vous le lisassiez. »* proféra ce porte-drapeau de notre belle langue.

Parlerai-je de notre littérature et de ses best-sellers comme l'immortel ouvrage de Valérie Trierweiler, espoir de notre commerce extérieur ?

Non, mes chers amis lecteurs, je pense en avoir assez dit comme cela.

Bonsoir à vous tous.

Françoise Luciani

*Pour ceux que cela laisserait perplexes, je leur rappelle que la deuxième personne de l'imparfait du subjonctif de "lire" est en fait " Que vous lussiez".

 Un lien pour retrouver Françoise Dubost-Luciani sur le site écrituriales

http://www.ecrituriales.com/auteurs-a-%C3%A0-l/francoise-dubost-luciani/