Voilà une petite nouvelle signée d'un écriturialiste.
Bonne lecture!

 

 

Anomalies

 

   L’homme se présenta comme un commercial de la maison de parfums « Sanmoitupu ».C’est de l’espagnol me dit-il, la maison mère se trouve en Russie pour des raisons que vous comprendrez. Non, je ne pigeais que dalle !

Mon nom est Rose, je suis la secrétaire particulière de monsieur Donnerien, mon patron chéri, oui je dis chéri car il est gentil, câlin, enfin vous voyez, 100 euros par ci, 100 euros par là. Il me demande d’avoir une tenue stricte, jupe très courte, porte jarretelles, bas, et pas de culotte. Pour le haut il dit : « laissez paraître votre féminité. ».

Alors l’autre le Mr Centémoi, tu parles, qu’il aille se faire sentir ailleurs moi je préfère mon patron ; au moins c’est clair, il me baise le lundi et le vendredi et pour les autres jours j’ai ma maîtresse Noémie Fessedru.

 

   Donc je dis au Centémoi, mon patron est en réunion, revenez en 2022, là il aura du temps il sera à la retraite.

 

-          Là c’est très grave, on nous a signalé une puanteur chimio toxique que je vous dis pas le problème !

-          Mais ça vient de l’incinérateur, un pygmée est tombé dedans.

-          Un pygmée ?

-          Ben oui, vous ne savez pas ce qu’est un pygmée, un homme demi-nain, petit quoi.

-          Demi-nain ?

-          Oui, petit, tout petit homme.

-          Ah bon…petit ?

-          Mais oui vous êtes idiot où quoi ?

-          Bon, que faisait un nain chez vous ?

-          Un pygmée !

-          D’accord, d’où venez ce pygmée ?

-          Cela ne vous regarde pas !

-          Oui vous avez raison, chacun peut avoir un pygmée chez soi ou un géant ou bien un homme tronc cela dépend du goût de chacun.

-          Nous ce sont les pygmées.

-          Dites, j’aimerais passer vous prendre un soir,  mademoiselle…

-          Ginette, Rose  Ressussait, je suis trop prise en ce moment !

-          Prise par qui ?

-          Oui prise, occupée quoi !

-          Ah bon l’occupation, mon grand-père me parlait souvent de l’occupation des boches, des chleus, des frisés quoi ! Vous avez quelqu’un chez vous ?

-          Mais non, vous êtes un malade… je veux bien le samedi, le reste de la semaine je suis prise !

-          Encore ? et on peut se brancher ?

 

   Soudain arrive Mr Donnerien qui a l’air de chercher quelque chose, il s’approche et déclare :

-          Dites à ce monsieur de revenir car nous sommes lundi, je dois palper… enfin voir certaines affaires avec vous, vous savez bien le lundi…

-          Oui Gaston…euh… oui monsieur.

   Ils partent dans le bureau directorial.

 

   Monsieur Centémoi est un peu désorienté. Il attend. Au bout d’un moment il entend des râles et des petits cris, puis « oh oh oui ! » il se précipite vers la fenêtre qu’il croit être celle du bureau du patron, il grimpe sur une bignone qui monte le long du mur. Arrivé au niveau de la fenêtre, que voit-il ? Deux pygmées attachés à un radiateur. Puis la bignone se casse, notre homme choit !

 

   Tout cela est bruyant, les employés se penchent aux fenêtres, des employées aussi qui se penchent tant et tant que  leurs jupes relevant montrent leurs fessiers redondants à ces messieurs qui les pénètrent allègrement. C’est l’orgie, le stupre, la luxure, la débauche. Comme le directeur est occupé par des affaires, avec la secrétaire, c’est l’anarchie totale !

   Monsieur Centémoi est horrifié, car en plus du problème chimio-toxique, cela sent le foutre ! a- t-il un produit pour ce problème ? Il farfouille dans sa voiture, trouve un échantillon, rentre dans l’usine Trètemantdepo, fondée en 1898 par monsieur Taurarien, qui la cèdera plus tard aux Donnerien. Il asperge les locaux de son produit, une bonne odeur se répand qui apaise les sens…

 

   Le directeur sort de son bureau le cheveu en bataille, une bretelle débandée suivi de Rose toute guillerette !

 

-          Mais enfin monsieur Donnerien que font ces pygmées chez vous ?

-           Voyons mon cher pour la mélamine, le pygment ! pour colorer nos peaux.

-          Ah non c’est le pigment avec un i !

-          Vous croyez ?

-          Vous êtes un malade monsieur !

 

   Depuis l’usine est fermée, une enquête est en cours.

 

Monsieur Donnerien est dans un hôpital psychiatrique avec quelques pygmées, Rose, au chômage, reste avec son amie, de temps en temps elle est prise, cela arrondit les fins de mois…

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