Il ne faudrait pas cantonner le poète écossais Robert Burns à son hymne le plus célèbre "Auld lang syne", repris traditionnellement en France en fin de banquet sur l'air de "Ce n'est qu'un au revoir".

DSCN3499Si le grand Robert BURNS fait encore la une aujourd'hui, c'est aussi pour son "Ode au haggis" dignement célébrée chaque 25 janvier, à l'occasion de l'anniversaire de sa naissance en 1751.

Ce n'est pas un privilège exclusivement réservé aux écossais.

La preuve!

Bressuire-the-Scot, en pleine terre de Deux-Sèvres, sacrifie au rite traditionnel avec présentation du haggis, déclamation du poème en écossais, lacération au couteau de cette panse garnie et dégustation de la spécialité écossaise accompagnée de purée de rutabagas et de pomme de terre.

On est bien loin du sketch humoristique de Jacques Bodouin faisant rire la France gaullienne avec sa "panse de brebis farcie"et sa célèbre sentence "J'ai cru que c'était de la crotte et j'ai regretté que ça n'en fût point"

https://www.youtube.com/watch?v=dyELsKsQXrg

DSCN3506Avec un Burns Supper réunissant près de cent convives en terre de France, le blogueur d'écrituriales n'a évidemment pas manqué l'occasion de célébrer l'Ecosse, la cornemuse, le plat national et la poésie.

Pas question de manquer en terre bocaine les dégustations de whiskies ou les championnats de Highland Games!

Pas question non plus d'envoyer paître les vaches Highland allanguies face au château!

IMG_20180124_153952Pas question enfin de ne pas faire profiter le lecteur du blog de cette Ode au haggis en version française grâce à la traduction subtile de Jean-Louis COPPET, le créateur des Highland Games à Bressuire et de Gavin ANDERSON, le plus bressuirais des écossais.

Bon appétit à tous!

 L'ode au haggis

Salut à ton honnête en franc minois

Oh toi chef suprême de la lignée des saucisses

Majesté, la première des places te revient

Par devant tripoux, panse et abats

Tu mérites vraiment que tous te rendent grâces

Longues comme le bras.



Tu charges le tranchoir qui de ton poids se plaint

Tes fesses font penser à la colline dans le lointain

Et l'aiguille qui t'a cousue

La femme du meunier la voudrait bien posséder

Vois ce jus qui suinte par tous les pores

En perles d'ambre.

 

Regarde le rustaud essuyer sa lame

Prête à découper avec aise et brio

A trancher tes entrailles, à poignarder ton flanc

Fièrement pour nous offrir pitance

Hume avec délices

Cet ample fumet chaud et délicieux



Et vous Dieux qui veillez sur nous

Et garnissez nos tables

En cette bonne vieille terre d'Ecosse

Qu'honore notre Vieille Alliance

Nenni de ces mets sans sel

Servis sans art dans nos écuelles

Si hommage aujourd'hui vous devez recevoir

DSCN3502Offrez nous en grâce ce HAGGIS.


Merci à Jean-Louis Coppet assisté de Gavin Anderson pour ce texte bien senti.

Vous voyez!

C'est quand même autre chose que "Tiens, t'auras du boudin" ou que "Chérie, fais moi du couscous"!

Cette version française nous satisfait aussi pleinement qu'un bon vieux morceau des Rolling Stones!

Elle nous donne entière haggisfaction!

 

Alain CADU

Tout savoir sur le haggis et Robert Burns