P1080703 (Copier)Depuis le salon de Sainte-Pexine en Vendée en présence d'Erik Orsenna, écrituriales invite ses auteurs à jouer au fabuliste du 21e siècle.

Michel RULIER, une de nos dernières recrues, récidive après sa première fable concernant sa rencontre avec Erik Orsenna (photo).

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Souvenez-vous!

Il l'avait intitulée "Le lion et les mulots".

Voilà donc notre troisième fable sur le blog après "la cigale et la fourmi" revisitée par le blogueur.

C'est un peu notre hommage à La Fontaine alors qu'on s'apprête à célébrer le 350e anniversaire de la sortie de son premier recueil de fables.

Michel, au tableau pour la récitation!

 

Le Retour II ( La Fontaine)

           Semblable à Jeanne, notre pucelle, depuis les nues
           Des voix me sont parvenues.
           Du fond de mon sapin vermoulu tricentenaire
           Je dois secouer ma torpeur pour venir tancer les faussaires.
           Les plagiaires ne peuvent rester impunis
           Les pasticheurs de ce nouveau monde doivent être bannis.
           En ma qualité d'ancien avocat de la cour
           Il me faut sévir contre leurs piteux calembours.
           Pour ne citer que ces messieurs corrompus:
           Cadu Toupet et Michel du Bourg de France du Chapus
           Diantre! Qu' ils cessent leurs imitations, leurs singeries
           Ou autres parodies, voire leurs grivoiseries.
           Pour tant d'impertinence à mon encontre
           Venez, sur le champ, dès matines, à ma rencontre.
            Ou préférez-vous demander l'avis du barreau?
           Odieux hobereaux copistes,vous passerez devant le bourreau!
            De confiance dans votre époque folle, je ne puis.
           Envolés nos chaises à porteur et carrosses dorés, aujourd'hui
           Je ne vois que carrosseries emballées et bruyants aéroplanes,
           Nulles ruelles sombres où nous lutinions les courtisanes
           Notre Siècle des Lumières étincelait par ses célébrités
           Le votre n'éblouit que par la magie de Dame Electricité.

           Suffit Monsieur De La Fontaine, cessez vos diatribes
           Vos accusations injustifiées envers nous, humbles scribes.
            Ne copie-t-on pas ceux que l'on aime?
            Entendez-bien que nous sommes tous admiratifs de vos poèmes.
            Mais admettez, avec indulgence et modestie,
            Que vous-même,sans aucun repenti,
            Avez emprunté fables et apologues aux Anciens
           De Phèdre à Esope le grec, et même à Bidpaï l'indien.
           Sans ces précurseurs géniaux
            Vous auriez connu, sans doute, pénurie de fabliaux.

             Sans rancune Maître,regagnez votre linceul
             Vous restez pour moi l'unique professeur, oui le seul!

Moralité:  

Que vous soyez d'aujourd'hui ou d'un temps lointain
  Toujours devrez recourir à d'illustres ancêtres écrivains